Intentions


Considérant l’animation comme une compétence transversale dont chacun use de manière consciente ou non (que ce soit dans sa sphère militante, associative, professionnelle), nous essayons de contribuer à son développement.  Nous souhaitons participer à la résurgence d’un cycle, d’une période d’inventivité et d’expérimentations sur les terrains de la pédagogie non formelle.

Cette dimension pédagogique présente dans les années soixante-dix ayant quasiment disparu au début des années quatre-vingt-dix, il s’agit là d’un travail de reconquête dont la diffusion semble d’autant plus nécessaire que se multiplient les exigences institutionnelles de « participation des habitants ».


Élargir notre répertoire d’actions

Après plusieurs années d'expériences, après avoir testé des expositions et des spectacles, puis rendu accessible une certaine forme de débat dans la rue, nous avons mesuré l'importance de ne pas en rester là et d’offrir autre chose que de la parole.


Car si la parole rassemble parfois, la plupart du temps elle identifie, elle classe, elle trie, elle divise (même si elle reste non-violente ou ludique). Il nous fallait donc inclure dans ce travail de rue une autre dimension : celle du "faire" et de l’usage du corps (bouger, manger, prendre, construire...). C’est ce "faire", cette prise avec des choses concrètes, qui nous rassemble, par delà les milieux et les âges. 

Ces pratiques d’animation sont d'autant plus importantes qu'elles concernent aussi bien les animateurs que les habitants désireux de partager des convictions plutôt que des discours.

Lors de nos interventions, nous essayons donc de combiner « ce qui se dit , se voit et s'entend » avec « ce qui se fait ensemble » et de trouver un équilibre entre ces différentes formes d’échanges.


S’écouter

Il arrive souvent qu’on parle beaucoup sans rien se dire.
Ou qu’on dise des choses sans être écouté.
Il arrive souvent qu’on n’ait pas son mot à dire.
Ou qu’on croit que ce qu’on dit n’est pas digne d’intérêt.

Parce qu’il est parfois plus facile de parler à un inconnu,
Parce que la considération peut être objet de partage entre simples passants,
Nous allons dans la rue.

Nous allons dans la rue
Pour permettre à ceux qui ne sont jamais écoutés de raconter ce qu’ils vivent et ressentent,
Pour aider ceux qui veulent « s’adresser à tous » à écouter d’abord.


Développer l'animation spontanée 

Le mot animer signifie étymologiquement « mettre de l’âme », « mettre en vie et en mouvement ». Il peut aussi bien s'appliquer à un dessin, à une soirée ou à un groupe. Par ailleurs, les compétences d’animation concernent aussi bien un chef d’équipe,  un enseignant ou un prêtre qu’un travailleur social ou un animateur pour enfants.

Lorsqu’on parle d’animation, il s’agit généralement de l’animation programmée dans laquelle le public est officiellement invité à participer. Il existe toutefois une autre forme d’animation : l’animation spontanée, dont on parle beaucoup moins. Bien que peu connu, cet aspect de l'animation qui « privilégie le vécu sur le prévu » représente pourtant l’un des principaux moteurs de la participation

L’animation spontanée fait en effet appel à deux compétences essentielles à la réussite d’une animation : d’une part il y a la capacité d'improvisation qui consiste à saisir le maximum d’opportunités qu'offre une situation (potentialités d'un lieu, observation des initiatives du groupe ou d'un individu, etc.) et à en faire une animation ; de l’autre, celle de mettre en place un contexte qui stimule le public tout en lui laissant l’initiative.  

Faire en sorte de créer des interactions avec les passants par le biais d'une installation.  

Que ce soit dans les institutions avec des publics captifs ou dans la rue avec des publics non captifs, une partie de notre travail de formation sera d’initier les stagiaires à cette « face cachée de l'animation ».